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Une verticalité venue du haut viendrait nous protéger d’une déshumadémocratisation ? Je préfèrerais que ce que nos consciences auraient su créer viennent graver dans la pierre, pourquoi pas constitutionnelle, un acquis qui serait notre bien commun à préserver pour demain.
Comment faire pour tous nous retrouver ? Chacun à notre place ? La démocratie se joue à plusieurs acteurs et tous ont leur place, le politique et l’administratif, l’association, la société, le citoyen, l’espace qui vit lui aussi ….dans sa réalité de terre ou de pierres, d’héritages ou d’usages…dans ses projets ou ses non projets…dans ses chaos économiques et sociaux, ses avancées technologiques et autres…faisant trembler les frontières, les repères, rendant flou ce qui nous paraissait certain, éclaircissant ce que l’on ne voyait pas…se jouant du tout et de son contraire. Et nous, alors que tout se métamorphose sans cesse, qui nous rétrécissons souvent sur la vision d’une seule vie, cette durée de nous-mêmes en tant qu’individu extensible en promesse de vie mais tout en finitude…et réduisant peut être en cela sa vision à très long terme, celle qui le dépasse, bien au-delà de sa génération et de ceux à venir.
Comment faire pour que chacun exerce sa compétence, on a besoin d’un décideur autant que d’un citoyen, d’un associatif autant que d’un fonctionnaire…chacun dans ses paroles et ses actes. On a peut être sûrement besoin que chacun trouve un sens, un but qui pourrait partir de l’intérêt de chacun… pour trouver à se rejoindre dans un but commun, un sens partagé et enrichi qui ferait que petit à petit chacun serait capable de dépasser son intérêt pour construire un travail commun et aboutir à un geste commun, une concrétisation que l’on pourrait dire d’intérêt général dans ce dépouillement de soi même à ne regarder que ce qui enrichit en espace de vie et d’espoirs, de qualité, de bonheurs individuels et collectifs…. Et à ne se regarder non pas comme un dieu mais un simple acteur qui avec les autres aurait contribué à faire grandir ce qui porte des fruits.
Je dis dieu comme j’ai dit vertical, dans cette difficulté à imaginer nos liens dans notre société autrement que par des jeux de pouvoirs, des liens verticaux voire quasi divins pour celui qui essaierait d’inventer autre chose et qui se trouverait ainsi à devoir essuyer de plein fouet cette essence là à ne pouvoir bénéficier d’une expression démocratique complète, qui s’exercerait non seulement par le rêve ou la parole mais par l’acte dans une juste reconnaissance de ce qu’il est et de ce qu’il apporte en valeurs, en travail, en gestes…indépendamment d’habitudes et d’usages d’un jeu de pouvoir ou de séduction…pour s’essayer à une parole vraie ou au moins empreinte de vérité. Une vérité non de façade mais intérieure.
Peut être que l’intelligence collective est là dans cette difficulté à se dépouiller, à se vivre autrement tout en apportant ses connaissances, ses compétences et en essayant de les faire se lier avec celles des autres non dans un rapport de soumission ou de compromission mais peut être dans une volonté de vouloir faire vivre ce qui pourrait être juste. Dans la règle ou la décision, dans le geste ou la parole,…. trouver ce juste là.
Je ne sais pas si il y a des recettes et des méthodes, sûrement des formations pour tout en chacun et chacun dans son rôle afin qu’il puisse l’exercer au mieux de ses compétences sans cesse enrichies et renouvelées…Ce qui est me parait certain c’est que il faut d’abord que cela vienne de nos volontés individuelles à vouloir inventer un autrement notamment dans le lien à l’autre et à ce que l’on peut contribuer et apporter.
Toutefois il me semble aussi que dans cette volonté nécessairement comme un petit démon chacun entendra en retour , qu’est ce que je suis prêt à perdre, à sacrifier, à renoncer…pour que l’intérêt général puisse se réaliser ? dans mon individualité face au collectif ?
Il me semble que c’est peut être un des plus grands pièges dont il faudrait se méfier comme si systématiquement, la notion de sacrifice était inhérente à la notion de bien public ou d’intérêt ou de cause générale, de bien commun… Comme à chaque fois ces polarités de bien et de mal, d’ombre et de lumière…Sacrifice, renonciation, compromission…comme un vocabulaire sans fin des jeux du pouvoir et de la verticalité qui empêchent le jeu démocratique dans son entier.
Nous avons besoin d’espaces, de juste reconnaissance, …comme un oxygène qui serait de pouvoir jouer avec l’espace temps (ce qui est du très court terme, ce que nous ne pouvons pas imaginer en siècles et en siècles), avec l’espace de nous-même ( de ce que l’on porte en nous à ce qui nous dépasse ), avec cet espace à rechercher le sens et le juste, un espace où travailler autrement pour inventer l’autre façon de créer du lien et de le nourrir avec tout ceux(ce) qui nous entoure(nt)….
Sylvie Cesari, jeunesse et sports, Inspecteur